Versailles le 7 février 2008,
Monsieur le Député,
Dans le cadre de la loi « Hôpital, Patients, Santé et Territoire », l’article 10 du projet de loi traite de la situation des praticiens à diplôme extra communautaire et des modifications que souhaite apporter le ministère de la Santé au processus d’intégration actuel déjà amendé en décembre 2006 lors du passage au parlement du PFLSS 2007.
La procédure actuelle dite « PAE » prévoit une épreuve de vérification des connaissances organisée une fois par an depuis 2007, une période probatoire de 3 ans dont son dispensées ceux qui l’ont déjà effectuées, et enfin un passage devant la commission d’autorisation qui statue souverainement sur la possibilité ou non d’accorder une autorisation permettant l’inscription au tableau de l’Ordre de la profession concernée.
Les amendements apportés à la procédure actuelle consistent essentiellement à faire passer le nombre de droits de passage de 2 à 3, de la modification de la méthode d’évaluation de la langue française (qui a défrayé la chronique en raison de son caractère inadaptée), et à imposer aux sages femmes une période probatoire d’un an dont elles étaient exemptées jusque là.
Les choses sont posées en ces termes dans la version du 22 octobre 2008 : « (...) VII. – Le I de l’article L. 4111-2 du code de la santé publique est ainsi modifié :
1° Le deuxième alinéa est ainsi modifié :
a) La première phrase est remplacée par les dispositions suivantes :
« Ces personnes doivent avoir satisfait à des épreuves anonymes de vérification des connaissances, organisées par profession, discipline ou spécialité et justifier d’un niveau suffisant de maîtrise de la langue française. » ;
b) La deuxième phrase est complétée par les mots : « et de vérification du niveau de maîtrise de la langue française. » ;
2° Au dernier alinéa, le mot : « deux » est remplacé par le mot : « trois » ;
3° Il est ajouté deux alinéas ainsi rédigés :
« Les lauréats, candidats à la profession de chirurgien-dentiste, doivent en outre justifier d’une année de fonctions accomplies dans un service ou organisme agréé pour la formation des internes. Toutefois, les fonctions exercées avant la réussite à ces épreuves peuvent être prises en compte après avis de la commission mentionnée au premier alinéa, dans des conditions fixées par voie réglementaire.
« Les lauréats, candidats à la profession de sage-femme, doivent en outre justifier d’une année de fonctions accomplies dans l’unité d’obstétrique d’un établissement public de santé ou d’un établissement privé participant au service public. Les sages-femmes sont recrutées conformément aux dispositions du 4° de l’article L. 6152-1 du présent code dans des conditions fixées par voie réglementaire. »
VIII. – L’article L. 4221-12 du même code est ainsi modifié :
1° Au deuxième alinéa, la première phrase est remplacée par les dispositions suivantes :
« Ces personnes doivent avoir satisfait à des épreuves anonymes de vérification des connaissances, qui peuvent être organisées par spécialité, et justifier d’un niveau suffisant de maîtrise de la langue française. » et la deuxième phrase est complétée par les mots : « et de vérification du niveau de maîtrise de la langue française. » ;
2° Au dernier alinéa, le mot : « deux » est remplacé par le mot : « trois ». »
Il y a incontestablement des progrès dont on peut se réjouir. Le passage à 3 chances améliorera les probabilités de succès et l’épreuve de français disparaît au profit d’une vérification des connaissances ce qui limitera sans les débordements que l’on a pu observer depuis l’instauration de cette épreuve où on vu des candidats parfaitement francophones recalés.
Cependant, il serait souhaitable de poursuivre plus avant afin d’obtenir ce que chacun, souhaite l’intégration de la totalité de ces praticiens dévoués en fonction depuis de nombreuses années et d’éviter que se reconstitue un vivier constitué de professionnels en exercice et pourtant sans réel droit d’exercer comme on l’observe depuis plus de 20 ans !
Un certains nombre de proposition que nous souhaitons vous soumettre pourrait y contribuer.
D’une part en portant le nombre de droit de passage, non pas de 2 à 3 mais de 2 à 4. Ceci se justifie par le fait qu’il ne faut pas comparer les candidats aux étudiants passant le concours de première année ou le concours de l’internat, mais aux médecins passant le concours de praticiens hospitaliers qui bénéficient eux de 5 droits de passage. L’amendement serait modifié de la manière suivante : « 2° Au dernier alinéa, le mot : « deux » est remplacé par le mot : « quatre » »
D’autre part, en ce qui concerne, l’épreuve de vérification des connaissances de la langue française, celle-ci est parfaitement légitime, mais ne pourrait on pas en dispenser les praticiens issus de facultés où l’enseignement se fait en français, et/ou ceux ayant obtenus des diplômes de troisième cycle dans les universités françaises ? Ce serait une mesure de pure bon sens , prévue d’ailleurs par l’article 16 du décret du 13 mai 1971 modifié relatif à l’inscription des étudiants dans les universités et les établissements publics à caractère scientifique et culturel indépendants des universités qui prévoit des dispenses de vérifications des connaissances de la langue française, pour des étudiants s’inscrivant en première année, or nous défendons pour notre part des soignants ayant plusieurs années d’études après le diplôme du second degré, ainsi que souvent des diplômes de troisième cycle français !
En outre, il faut absolument que le nombre de droits de passage soient décomptés à partir du 22 décembre 2006, afin que tous puissent bénéficier des nouvelles mesures au risque de ne pas autoriser une troisième chance à nombre de candidats qui sont des praticiens ayant exercés déjà depuis plusieurs années, formés et compétents dont notre pays a besoin en cette période de chute de la démographie qui va durer encore de longues années.
L’article 10 serait ainsi modifié : 2°
du VII et le 2°
du VIII de l’article 10 du projet de loi soient complétés par la mention : « Ces trois à compter du 22 décembre 2006 ».
Enfin, il apparaît indispensable de prolonger la période où s’appliquent les mesures dérogatoires. En 2006, on avait fixé l’échéance à décembre 2011, puisque le nombre de droits de passages va être majoré, il est logique de prolonger cette période transitoire de deux ans.
Ces modifications si vous acceptiez de les porter permettrai d’augmenter le nombre de candidats reçus aux épreuves et partant le nombre de praticiens potentiellement enfin autorisés à exercer leur métier.
Par ailleurs, je tiens à attirer votre attention sur la tragique situation des praticiens exerçant sans perspectives d'avenir, sans statut dignedes services qu'ils rendent et de leur compétence. ceux-ci devraient bénéficier du droit de postuler d'un statut de praticien attaché associé et devrait eux aussi jouir du droit de passer un examen et non pas un concours.
En espérant avoir pu attirer votre attention sur cette question et recueillir votre soutien, veuillez croire monsieur le Député, à l’expression de ma profonde considération.
Madjid Si Hocine