icolas Sarkozy a promis jeudi une "réforme majeure" de l'hôpital, qui encourage les regroupements d'établissements, renforce les pouvoirs de leurs directeurs et propose aux cliniques privées de participer à la mission du "service public".
Plaidant pour "un système de santé efficace, moderne et juste", le chef de l'Etat a d'emblée indiqué, dans un discours à Neufchâteau (Vosges), qu'il endossait "la plupart des propositions" du rapport que lui a remis le 10 avril l'ancien ministre du Travail Gérard Larcher.
Il a ainsi annoncé que les aides et subventions, d'"une dizaine de milliards d'euros", iraient désormais "par priorité aux communautés hospitalières de territoire, c'est-à-dire des établissements qui acceptent de se mettre en réseau".
Un numéro unique pour les urgences
"La réforme de l'hôpital, ce n'est pas la fermeture des hôpitaux", "c'est le refus de la réforme qui conduira à la fermeture des hôpitaux", a assuré M. Sarkozy, alors que les syndicats notamment ont déjà exprimé craintes et critiques.
Le président de la République entend renforcer les pouvoirs des directeurs d'établissements, pour que l'hôpital ait "un patron et un seul".
Il souhaite que la gestion de l'hôpital public soit "plus libre" et ait "davantage de réactivité", afin de permettre aux établissements "d'être tous à l'équilibre d'exploitation d'ici 2012".
L'hôpital doit "adapter son offre de services", a-t-il encore estimé. Il doit "se recentrer sur son coeur de métier", la phase aiguë des maladies, et offrir ensuite "une prise en charge" pour les personnes âgées et handicapées.
Nicolas Sarkozy a annoncé la création d'un "numéro unique" d'appel permettant d'accéder aux urgences hospitalières ou au médecin de garde. La "responsabilité" de cette gestion commune des appels "sera confiée aux agences régionales de santé".
Statut des médecins
Il a indiqué que les médecins hospitaliers pourront choisir ou leur statut public actuel, avec éventuellement une rémunération selon l'activité, ou un contrat "qui s'inspirerait du droit du travail" du secteur privé.
Le chef de l'Etat propose aux cliniques privées de jouer un rôle dans le service public hospitalier, via un "contrat de service public" qui serait "un mode de reconnaissance du rôle et de la place" des cliniques sur le territoire.
Il a souhaité par ailleurs que les médecins à diplôme étranger hors Union européenne exerçant en France puissent accéder "après validation de leurs compétences et de leur expérience au plein exercice de leur métier" d'ici 2011.
Le président de la République a confirmé la "création de 100 maisons de santé pluridisciplinaires" en 2008, et en a annoncé "autant en 2009".
Nicolas Sarkozy a enfin demandé que l'enseignement et la recherche dans le domaine médical obéissent aux "mêmes règles d'évaluation et de financement" que les autres secteurs de la recherche.
La réforme de l'hôpital constituera l'un des volets de la loi sur l'organisation des soins, que présentera la ministre de la Santé Roselyne Bachelot à l'automne.